LA FABRIQUE SCOLAIRE DE L’HISTOIRE

dimanche 3 décembre 2017
par  Stella
popularité : 7%

L’Université Populaire de Toulouse en partenariat avec la librairie Terra Nova invite Laurence de Cock mardi 12 décembre à 20H30 au Bijou, 123 avenue de Muret, Toulouse.
Laurence de Cock, ancienne présidente du Comité de Vigilance face aux Usages Publics de l’histoire (CVUH), est professeure d’histoire-géographie en lycée à Paris et chargée de cours en didactique de l’histoire et sociologie du curriculum à l’université Paris-Diderot. Elle a consacré une thèse en sciences de l’éducation au « fait colonial à l’école » depuis les années 1980.

L’activité de l’Université Populaire Toulouse s’inscrit dans une dynamique visant à la reconquête des espaces théoriques et pratiques indispensables à la définition des conditions dans lesquelles une société socialiste, écologique, féministe, laïque et démocratique pourrait voir le jour et durer.
En ces périodes de crispation identitaire, de contexte de repli identitaire et de discours réactionnaires sur l’école,la réédition du livre de Suzanne Citron "le Mythe national" "L’histoire de france revisitée" ainsi que celle de la "Fabrique scolaire de l’histoire" ouvrage collectif sous la direction de Laurence De Cock sont éminement salutaires et sont des antidotes bienvenues.

Voici quelques articles ci-dessous , un long interview de Suzanne Citron par l’Huma , un article de Laurence De Cock sur des pistes de réflexion sur "l’esprit critique"à l’école ....des livres ....

Extrait de la préface de Suzanne Citron à "la fabrique scolaire de l’ histoire" :

"Depuis la Révolution française, l’enseignement de l’histoire est associé à la construction d’une « identité nationale ». En prenant la forme d’un récit ethnocentré, l’histoire scolaire devait permettre l’intégration de tous les futurs citoyens de la République, quelles que soient leurs identités originelles, dans un ensemble politique unique.
Aujourd’hui, alors que la période est favorable à la reconnaissance des « identités plurielles », les exclus du roman national réclament l’ajustement des programmes scolaires et critiquent la fabrique scolaire de l’histoire vue comme un instrument de domination.
Le moment est propice pour interroger la manière dont l’histoire scolaire est fabriquée. De fait, l’enseignement de histoire à l’école est le produit d’une chaîne de responsabilités dont il nous faut interroger chacun des maillons : pourquoi et comment apprendre l’histoire, et quelle histoire ? Car c’est une politique du passé qui s’exprime à travers ce montage. Une politique où la question d’une histoire commune et donc de l’universalité est en jeu."

Article de Laurence De Cock
« Qui suis-je donc pour critiquer » ? Quelques pistes de réflexion sur l’« esprit critique » à l’École en général et dans l’enseignement de l’histoire en particulier
https://ecoleclio.hypotheses.org/350#_ftnref3

Suzanne Citron« Une France des diversités et des multiples racines reste à inventer »
Entretien
Historienne passionnée, enseignante au lycée puis à l’université de Villetaneuse, Suzanne Citron revient sur sa traversée du XXe siècle avec une posture de résistance et de combats sous l’Occupation et pendant la guerre d’Algérie. Son ouvrage de référence sur le mythe national (1) a remis en question un regard historiographique positiviste identifiant la nation à l’État
https://www.humanite.fr/article-sans-titre-16

Des liens de livres
Le livre de Gérard Noiriel
" A quoi sert "l’identité nationale" Gérard Noiriel
La question de « l’identité nationale » a été remise au centre de l’actualité politique par Nicolas Sarkozy, pendant la campagne électorale des présidentielles. Devenu chef de l’État, celui-ci a créé un « ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale », ce qui est un fait sans précédent dans l’histoire de la République française. Huit historiens ont aussitôt démissionné de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration pour protester contre ce ministère, estimant que cet intitulé ne pouvait que conforter les préjugés négatifs à l’égard des immigrés. La pétition qu’ont lancée ces historiens a été signée par plus de 10 000 citoyens en moins d’une semaine, et des universitaires du monde entier se sont associés à cet appel.
Gérard Noiriel explique les raisons de ce mouvement. Il montre que la logique identitaire, née au XIXe siècle, a depuis constamment alimenté les discours nationalistes. Il rappelle que, au cours des années 1980, c’est Jean-Marie Le Pen qui a popularisé, dans l’espace public, l’expression « identité nationale » pour stigmatiser les immigrés. Analysant de façon minutieuse les usages de cette formule dans le discours du candidat Sarkozy, il donne des éléments pour éclairer les nouvelles stratégies aujourd’hui à l’œuvre dans le champ politique.

https://agone.org/passepresent/aquoisertlidentitenationale/

Le prochain livre de Gérard Noiriel
couv_3062
Cette histoire se veut « populaire » au sens où elle s’adresse au grand public, mais aussi en raison de son objet. Le but est de montrer, preuves historiques à l’appui, que ce ne sont pas les « grands hommes » (ni « les grandes femmes ») qui font l’histoire, mais le peuple. Pour que « ceux d’en bas » puissent constituer un véritable « peuple » (au sens politique du terme) et non plus une simple population d’individus répartis sur un territoire, il faut qu’ils soient liés entre eux. Ce lien, ce n’est pas le « sentiment d’appartenance à la nation » – comme veulent nous le faire croire les idéologues républicains – mais la domination exercée par le pouvoir d’État et les résistances de ceux qui la subissent.
Dans cette perspective, l’histoire populaire de la France débute avec le prélèvement des impôts directs sur ses sujets, coup de force qui suscite un immense mouvement de révolte au cours duquel s’opère la jonction du peuple des villes et du peuple des campagnes.
En prenant, comme fil conducteur, ce processus de domination/résistance, l’ouvrage éclaire sous un jour nouveau tous les grands événements qui ont scandé l’histoire de la France depuis la fin du Moyen Age (l’esclavage, la colonisation, les migrations, les révoltes et les révolutions, les guerres, les crises économiques et politiques).
« La France » étant ici définie comme l’ensemble des territoires qui ont été placés, à un moment où un autre, sous la coupe de l’État français (ce qui inclut toutes les possessions coloniales), cet ouvrage est aussi un monument élevé aux multiples composantes des classes populaires qui ont construit ce pays, depuis le XIVe siècle jusqu’aujourd’hui.

Et enfin aux éditions Libertalia le prochain livre de Laurence De Cock

SUR L’ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIRE

http://editionslibertalia.com/catalogue/ceux-d-en-bas/laurence-de-cock-sur-l-enseignement-de-l-histoire
Débats, programmes et pratiques de la fin du XIXe siècle à nos jours

La réflexion politique sur l’école en général et l’enseignement de l’histoire en particulier aurait intérêt à délaisser quelque temps le domaine de la controverse stérile alimentée par quelques astrologues de la catastrophe pérorant dans Le Figaro, Marianne, ou Causeur.
En redonnant la parole au terrain, elle pourrait se targuer d’une forme d’intelligence des choses susceptible de formuler plus sereinement les questions urgentes que l’école pose aujourd’hui à la société.
C’est ce qu’ambitionne de faire cet ouvrage en proposant un retour historique sur l’enseignement de l’histoire du point de vue de ceux qui l’écrivent, l’enseignent ou l’apprennent. Il s’agit donc de donner la parole aux praticiens et usagers depuis le moment où l’histoire s’est constituée comme une discipline scolaire à la fin du XIXe siècle.
Nous y faisons ressortir la configuration des tensions et débats dont la plupart existent encore aujourd’hui sous des formes qui ne sont que recyclées ; nous y rappelons les expériences pédagogiques oubliées, les tentatives plus ou moins temporaires de bouleverser les paradigmes dominants de l’histoire scolaire ; mais nous y éclairons aussi les raisons des pesanteurs dans lesquelles s’englue souvent l’histoire scolaire, assignée à la délicate mission de garantir une identité nationale et un comportement politique codifié dans les coulisses feutrées de la République.
C’est ce jeu de miroir entre une discipline tiraillée dans ses finalités, objet de multiples récupérations et confiscations politiques, et des enseignants en prise avec des réalités autrement plus concrètes qui nous intéresse ici. Sans basculer dans la mystique de l’âge d’or d’une résistance enseignante, il s’agit de montrer qu’entre la norme et le terrain, des bribes de ruses, de contournement, d’accommodements ont toujours existé, plus ou moins silencieuses ou ostensibles, et que dans ces interstices réside la possibilité d’une réflexion sur l’enseignement de l’histoire autre que le commentaire médiatique ou la confiscation politique.
Ce livre pose quelques jalons d’une histoire populaire de l’enseignement de l’histoire depuis le XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui. Il donne aussi à voir différentes expériences, temporalités, géographies d’une pratique scolaire de l’histoire à l’école primaire comme dans l’enseignement secondaire.


Documents joints

Aggiornamento hist-geo | Réflexions et (...)
Aggiornamento hist-geo | Réflexions et (...)
cvuh
cvuh

Portfolio

JPEG - 120.2 ko JPEG - 12.1 ko