Journalisme et réseaux sociaux : entre information alternative et manipulation(s).

dimanche 13 janvier 2019
par  Universite Populaire Toulouse
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L’Université populaire de Toulouse, la fondation Copernic31 et les Amis du Monde Diplomatique avec le soutien de l’association des journalistes et Médiacités invitent Nikos Smynaios le jeudi 14 février à la salle Sénéchal, rue de Rémusat, Toulouse.

Nikos Smyrnaios, maitre de conférence, LERASS, Université Toulouse 3

Historiquement les médias d’information sont au cœur de ce que le philosophe Jürgen Habermas appelle l’espace public, à savoir le lieu où se confrontent les points de vue et les opinions sur des problèmes de nature politique. Théoriquement, cette confrontation permet aux citoyens de se forger une opinion éclairée sur les enjeux de leur époque et d’effectuer des choix en conséquence, notamment au moment des élections.

Or, depuis quelques années le public semble de plus en plus se tourner vers internet pour s’informer : 70% de Français consultent des sites d’information, le même pourcentage que pour la télévision, alors qu’ils sont moins de 25% à lire la presse papier. Par ailleurs, un cinquième de 18-34 ans disent utiliser les réseaux sociaux comme source d’info prioritaire au quotidien.

Cette tendance est renforcée par l’adoption croissante de l’internet mobile et par la grande diversité de sources disponibles en ligne. Au-delà des médias professionnels, de nombreux sites militants permettent aussi de diffuser une parole engagée en faveur de la justice sociale et de l’émancipation politique qui ne trouve que rarement sa place dans les médias dominants. Par ailleurs, la nature interactive et participative des médias numériques rend possible le dialogue, la critique et l’interpellation. Elle permet aussi aux simples citoyens, par l’effet de masse, d’imposer dans l’agenda médiatique des questions et des problématiques très peu traitées.

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Cependant, malgré le pluralisme offert sur l’internet, la grande majorité de la population s’informe en ligne auprès de sources appartenant aux principaux groupes de médias qui souffrent de mêmes maux que leurs confrères de l’audiovisuel et de la presse. La maximisation de l’audience, qui contraint le fonctionnement de la télévision, se transforme sur l’internet en la chasse au clic. Les buzz, les polémiques vaines, le sensationnalisme, la reproduction de l’idéologie dominante, bref, tout ce qui caractérise les médias traditionnels est bien présent désormais dans les sites d’information.

A cela il faut ajouter des problèmes propres à internet. La difficulté de réguler l’expression en ligne et d’identifier les interlocuteurs fragilise le débat public qui s’y déroule : la propagande raciste et homophobe, la manipulation, la désinformation à grande échelle y pullulent. Ces dérives sont aggravées par le contrôle monopolistique qu’exerce une poignée de multinationales états-uniennes, dont Google et Facebook, sur les canaux de diffusion de l’information en ligne. La conférence a comme objectif d’apporter un éclairage sur ces questions cruciales pour le fonctionnement de la démocratie.

Pour aller plus loin :

https://www.la-croix.com/France/Politique/Gilets-jaunes-les-reseaux-sociaux-sont-eux-memes-lieux-lutte-2018-12-14-1200989666
https://www.humanite.fr/nikos-smyrnaios-facebook-faconne-lidee-que-lon-se-fait-du-monde-638954