Quelque chose de fondamental a changé en Inde. On peut le percevoir non seulement dans les lieux évidents — le parlement, les studios de télévision, les meetings électoraux — mais aussi dans les zones plus lentes et plus silencieuses de la vie : dans les écoles, où la peur devient un langage ; autour des puits de village, où la caste décide encore de l’ordre de la soif ; dans le silence qui s’abat lorsque le nom d’une communauté religieuse minoritaire est prononcé avec colère ; et dans mille hésitations tacites qui ponctuent désormais le discours ordinaire. Les angoisses de l’ère néolibérale ont fusionné avec une machine idéologique centenaire, produisant une formation politique à la fois douloureusement familière et terriblement nouvelle.
Entre les mots, entre les lignes Sushovan Dhar