Conférence-débat : "Ici notre défaite à commencé " La gréve des mineurs britanniques (1984-1985)

mardi 3 janvier 2017
par  Universite Populaire Toulouse
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L’Université Populaire de Toulouse invite Thierry Labica le mardi 24 janvier à 20H30 à la Bourse du Travail, place Saint Sernin, Toulouse.

Mars 1984. Contre un projet annoncé de fermeture de vingt puits de mines et de 20 000 suppressions d’emplois, 140 000 mineurs britanniques commencent une grève qui durera une année.

Entre le 8 mars 1984 et le 3 mars 1985, plus de 11 000 d’entre eux seront arrêtés, 5 653 poursuivis en justice, 200 emprisonnés et près d’un millier licencié.
Derrière les motifs économiques avancés, une véritable stratégie gouvernementale visait à infliger une défaite définitive à la composante le plus combative du mouvement ouvrier, le Syndicat national des mineurs.
Cette expérience, emblématique de la désindustrialisation des années 1980 en Grande-Bretagne, fut largement constitutive de ce que l’on a appelé le thatchérisme.
La grève – ses occasions manquées, les défections du monde syndical, mais aussi les solidarités nouvelles qui s’y inventèrent, puis sa défaite – marqua une rupture dans le modèle des relations du travail d’après-guerre, dans la culture ouvrière et syndicale et dans la société britannique tout entière.
Cet ouvrage propose de revenir à la fois sur quelques-unes de ses dimensions et sur certains aspects de son rayonnement obscur contemporain, et les hantises qu’elle fait encore ressentir.

Toute ressemblance avec ce que nous pouvons connaître aujourd’hui n’est pas fortuite.

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La grève des mineurs 1984-85

Il y a trente ans commençait un des conflits sociaux les plus marquants de l’histoire récente de la Grande-Bretagne : la grève des mineurs britanniques, qui allait durer jusqu’à mars 1985, impliqua plus de 160 000 travailleurs, donna lieu à 11,312 arrestations, 5,653 poursuites en justice, près de 200 emprisonnements. Aucun conflit du travail n’a, depuis, atteint une ampleur, une intensité et une dimension emblématique comparables.
A travers cet épisode se sont jouées des reconfigurations profondes de la société britannique, qu’il s’agisse –entre autres‒ de la place du syndicalisme de masse, du rôle de l’Etat, de la police même, et des conceptions dominantes de l’après-guerre quant à la nature des liens entre les partenaires sociaux, ou de l’identité sociale, programmatique et de la stratégie du travaillisme. Ces inflexions et ces ruptures idéologiques durables dans le champ politique furent elles-mêmes portées par une tendance plus profonde cristallisée par cet affrontement : la disqualification stratégique et massive d’une politique et d’une culture ouvrière, au rôle pourtant déterminant dans l’élaboration et la reproduction de l’idée nationale britannique depuis la révolution industrielle. Dans cette perspective, la journée du 18 juin sur le piquet de grève d’Orgreave et le désastre du stade de Hillsborough à Sheffield le 15 avril 1989, de par leur traitement médiatique et policier, participent d’une même histoire, qui est celle de la déchirure dans la trame des représentations jusque-là dominantes des loyautés communautaires et des appartenances de classe.
Mais au-delà de la Grande-Bretagne elle-même, la grève de 1984 contribue à la coloration de la décennie dans l’histoire globale dont elle est une scansion et ce, quelles qu’en soient les conceptualisations privilégiées : néolibéralisme, post-fordisme, accumulation flexible, financiarisation.


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