Gisèle Pelicot, femme mystifiée
Article mis en ligne le 16 avril 2026

par Marsanay

Analyse feministe du livre de Gisèle Pelicot « et la joie de vivre »
Il ne s’agit pas dans cet article de juger le comportement de Gisèle Pelicot —c’est une victime de la pire violence masculine et, comme telle, les féministes ne peuvent que la soutenir sans réserve, il s’agit de la comprendre. Parce que, même si nous sommes familiarisées avec la notion de socialisation féminine telle qu’elle est mise en œuvre dans les sociétés phallocratiques – le formatage des femmes au dévouement oblatif et à l’altruisme autodestructeur — et avec l’acculturation idéologique à la soumission qu’elles y subissent, certains des comportements de Gisèle Pelicot paraissent difficiles à déchiffrer : son déni persistant face aux images de ses viols et aux accusations d’inceste de sa fille, le fait qu’après avoir vu ces images accablantes pour son mari, elle aille le voir en prison, s’inquiète pour sa santé, lui apporte des vêtements chauds, etc. Sa mansuétude envers l’homme qui l’a fait violer par des dizaines d’étrangers, l’a droguée pendant des années et aurait pu la tuer étonne son entourage, elle le reconnait elle-même : « même la psy avait du mal à me comprendre… ».

Francine Sporenda
Entre les lignes, entre les mots