14 avril - 7ième journée de mobilisation contre la "loi travail"

dimanche 17 avril 2016
par  Marsanay
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Comme le 5 avril la journée de mobilisation intermédiaire du 14 avril a une double signification : ne rien laisser passer dans l’actualité en lien avec le sujet essentiel, maintenir la mobilisation de rue par des blocages, des manifestations. De ce point de vue cette journée est une réussite.
Images de la manif du 14 avril actucotétoulouselire ici
Images FR3 lire ici

Pierre GATTAZ, venant faire une conférence devant les patrons sur le thème de « La solitude du chef d’entreprise » devient la blague du moment "La patron du Medef moqué par les manifestants" titre de La Dépêche , de fait sa venue suscite une mobilisation, elle est relayée par les médias, et en outre elle se produit à un moment où un certain nombre de chefs d’entreprise sont mêlés à des affaires d’argent. L’argent même dont ils veulent priver les salarié-e-s pour s’en mettre plein les poches.
La bataille idéologique sur la loi travail est gagnée, 70% de la population est hostile au projet, le MEDEF est déconsidéré par une majorité de la population. Mais ce mouvement social a une autre dimension, il synthétise le refus de la politique menée et rejette clairement l’oligarchie en place, sans pour autant formuler une autre alternative. Cette bataille là n’est pas gagnée.
On est au coeur de la problématique majeure qui perturbe le mouvement social. Les grèves de 95 débouchent en 1997 sur la victoire aux législatives de la « gauche ». En 2012 Hollande est élu contre Sarkozy. Des victoires par défaut accompagnées dès 2002 par une première secousse : la présence au second tour de Le Pen et l’élimination de Jospin, une alerte qui n’aura servi à rien, puisque le FN, n’a jamais été aussi haut
. Depuis quelques années maintenant, rapidement après l’élection de Hollande on assiste à une rupture profonde et probablement irréversible pour un certain nombre d’années, entre le PS et le mouvement social.
Pour la première fois, une bataille sociale contre la loi travail est associée au changement politique, c’est à dire la volonté de se débarrasser d’un gouvernement, que le mouvement social a contribué à mettre en place, s’exprime clairement. On avait noté ces premières fractures dès 2013 quand les syndicats CGT-FO-FSU-Solidaires à Toulouse ont appelé à plusieurs rassemblements devant les locaux du Parti Socialiste. Aujourd’hui on macule ces locaux de peintures, on pisse sur les devantures …une rupture profonde, qui est la condition sans aucun doute d’un changement politique.

Nuits Debout, symbolisent cet aspect de la mobilisation, de façon imprécise, balbutiante, voire puérile, mais il y a dans ce mouvement le souci de s’adosser à une mobilisation pour aller plus loin. Saura-t-il s’emparer de cette tâche ?
Ce que l’on constate pour le moment c’est un élargissement territorial des Nuits Debout, jusque dans les petites villes, pas d’agressivité ou de rejet à l’encontre des syndicalistes, d’intellectuels, des militant e s organisé e s mais l’accueil est différent à l’encontre des politiques. Il y a un temps pour les discussions aussi importantes soient elles et un temps pour l’élaboration, ce que Lordon énonce à sa façon dans l’interview à Reporterre. Lire ici On note qu’à l’instar des mouvements sur les places d’Espagne, les occupant e s sont friands de la commission* comme mode de fonctionnement symbolisant probablement l’horizontalité. A Toulouse, il y a plusieurs commissions dont une santé, éducation…la question qui est posée est quelle est la différence entre l’élaboration de ces commissions et ce qui est élaboré dans les syndicats, les associations de parents d’élèves, pour l’éducation ? S’il y a une différence comment la commission peut soumettre son travail au personnel, aux parents d’élèves ? En matière d’action comment la commission peut-elle compléter, enrichir voir dépasser…ce que proposent les syndicats. Ces questions pourraient s’appliquer aux autres commissions thématiques, mais aussi aux commissions actions. Dans le texte que nous reproduisons de Médiapart , opposant dans un débat Lordon et David Graeber, anthropologue américain et activiste du mouvement Occupy Wall Street, la question de la verticalité surgit vite, et elle divise Lordon et Graeber. Voir texte de Médiapart ci dessous. Elle est proposée par Lordon adossée à l’idée de « porte-parole élus, contrôlés, mandatés et révocables », idée bruyamment saluée par le public. La question des porte paroles et donc d’une certaine centralité du mouvement Nuits Debout semble être la question majeure qui va se poser dans les semaines qui viennent Par exemple il est paradoxal que la Société générale épinglée dans l’affaire des « Panama papers » n’ait été la cible d’occupations que dans une seule ville Paris. L’étape de l’indignation n’a pas été franchie et ce sont des responsables politiques qui ont formulé des propositions : mise sous tutelle. Est-ce le paradoxe d’un mouvement qui rejette les leaders, les portes paroles, sans savoir formuler des propositions que la situation ouverte par la société générale imposait ?
Le temps long que nous évoquions depuis le début de nos articles, se poursuivra probablement jusqu’à juin il a commencé le 9 mars.
D’autres rendez-vous importants sont déjà dans les agendas, le 26 avril pour les cheminots, le 28 avril l’interprofessionnelle qui coïncidera avec la fin des congés scolaires sans compter les velléités de grève reconductible à la SNCF.
*Dans une de ses « vilaines chansons » La Révolution, Léo FERRE chantait « Quand on ne veut pas faire la révolution, on l’a met dans une commission, de l’armée de préférence »

Médiapart AG et Commissions
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Fakir : L’étape d"après
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Le Monde la grève générale lire ici
Nuits Debout et les banlieues Reportère lire ici
Reportère : Organisation est spontanéisme lire ici
Contretemps lire ici
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